“Toujours rester dans sa vérité”: Franck Bouysse nous en dit plus sur son nouveau livre “L’Homme peuplé”

C’est un livre qui vous tient éveillé tard car il captive son lecteur. C’est l’automne et un vent violent frappe aux fenêtres. Le roman commence par un hiver glacial à la campagne, en Corrèze, dont l’auteur se nourrit pour écrire.

Un homme sédentaire il nous emmène sur les traces de deux hommes qui semblent être en désaccord. Caleb, un homme de la terre, un sourcier considéré comme un sorcier. Rugueux et secret. Et Harry, un citoyen, un écrivain en manque de mots. Deux hommes essayant de vivre avec leurs fantômes, dans un pays qui leur est hostile.

Franck Bouysse est en dédicace à la librairie ce jeudi à 19h Papiers collés à Draguignan. Puis à Cannes et Nice le vendredi et le samedi.

“Dans les librairies on a le temps d’un vrai échange. C’est un très beau partage, et j’apprends beaucoup de choses grâce à mon livre”confiés par l’auteur, Grand Prix des Lectrices et Prix des Libraires du Elle Né d’aucune femme en 2019

Comment est né le personnage de Caleb que vous écrivez qu’il est “accueille la nuit alors qu’il se prépare à combattre son adversaire”?

Ça se passe toujours de la même manière : j’ai une image forte que je m’impose. J’étais derrière la vitre à la maison. J’ai regardé la petite fille se reposer sur le rebord de la fenêtre. La maison que je décris existe vraiment. Elle est abandonnée. J’ai écrit la première phrase et ensuite j’ai laissé Caleb le faire. Je ne savais pas encore ce qu’il allait me dire, je ne connaissais pas encore Harry. Puis j’ai vu des phares de voiture. J’ai donc déballé l’histoire sans vraiment connaître l’intrigue.

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Devant lui, Harry. Un auteur qui, après un premier roman réussi, part s’isoler à la campagne pour en écrire un autre. Sa démarche questionne le processus de création…

Il est très inquiet de la page noire… Il veut essayer d’apporter quelque chose de nouveau et ne pas reproduire les clés de son travail précédent.

Avez-vous, comme lui, connu la peur de l’échec ?

C’est une question que je me pose aussi, c’est vrai. J’avais tous les livres que j’écrivais en moi. Je les ai portés. Un jour, je me suis demandé ce que je pourrais faire si je ne publiais plus de livres… En fait, Harry ne cherche pas l’inspiration, il cherche la vérité. C’est la chose la plus importante pour un romancier : s’en tenir toujours à sa vérité, ne pas accepter de compromis.

La nature est aussi un élément très important dans vos romans…

C’est vrai, tout est lié. “Nous sommes aussi la nature” dit Shakespeare. Il y a quelque chose qui me dépasse dans la nature, qui me soulève de mon poids humain, jusque dans la végétation, les animaux. C’est pourquoi au début du livre je décris un être humain vu par un oiseau. Sica regardant Caleb devrait fixer l’atmosphère du roman : tout se voit à cette hauteur.

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La relation avec la mère est très présente dans le livre…

C’est vrai. Caleb a cette mère qui est aussi une escroc, qui crée beaucoup de mystère sur ses origines… Elle finira par lui gâcher la vie. Et cela va rendre Caleb incapable d’accepter ce qui lui arrive, même s’il n’est plus là.

Sara est “guérisseur”, et elle transmet son don à son fils, avec tout ce que cela implique…

C’est tout simplement la différence qui cause cela, comme l’étranger la cause. Harry y fait face. Ce sont des croyances qui remplacent la religion quand les gens manquent de transcendance.

Avez-vous eu une relation difficile avec votre mère ?

(Rire) J’ai aussi une mère tranquille, la vérité est, comme tous les gens ici, des gens sur terre.

Harry est tout le contraire de cela…

Oui, même dans la relation avec les parents. Sa mère est très exigeante, son père amateur de littérature… Accueillant la littérature d’ailleurs, Harry réalise très vite tout ce qui l’a éloigné de la vie. “Pendant longtemps mes yeux ont été épuisés par ta promesse”: lorsqu’il est émotionnellement abandonné, il comprend aussi pourquoi il n’a pas pu accueillir cette possibilité d’amour.

Ce livre convoque les esprits de vos personnages. Vivez-vous, comme eux, avec les vôtres ?

Bien sûr. “Les morts sont invisibles, ils ne sont pas absents”dit Victor Hugo. Je ne suis pas un mystique, mais quand on habite une vieille maison, quand les escaliers sont usés, quand les éléments appartenaient à d’autres avant d’en devenir propriétaire, ça évoque forcément un souvenir…

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Vous écrivez: “C’est une bonne idée de penser que nous aurions tous une mission à accomplir…” Ne serait-ce pas votre travail de vous en réconcilier avec le village, avec les hommes et les femmes qui y vivent ?

Peut-être avec l’homme dans son ensemble, simplement ? Réconcilier les gens avec leurs différences. Laissez-les aussi penser à l’environnement dans lequel ils vivent. Je suis très sensible aux questions environnementales. Sans être une militante, je ne fais pas passer de message, mais à travers mes personnages je dénonce ce qui parfois me révolte, comme l’usage de l’eau par exemple.

Après avoir lu votre livre, nous pensons qu’il ferait un très bon film…

N’est-ce pas? (Rire) J’espère qu’un jour le cinéma frappera à ma porte. C’est presque arrivé une fois… Et puis Covid a stoppé le projet. Je pense que j’aimerais voir ce que le réalisateur ferait de mes personnages.


La signature de Franck Bouysse.

> Ce jeudi, à 19h, en librairie Papiers collés à Draguignan (4, boulevard Clémenceau).

> Demain 25 novembre à 18h30 en librairie autour du livre à Cannes, (17, rue Jean-Jaurès).

> Samedi 26 novembre, à 19h à la librairie Masséna à Nice (55, rue Gioffredo).

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