En s’attaquant à des œuvres célèbres, les activistes cherchent «l’efficacité du geste»

MAINTENANCE – Selon Nathalie Heinich, sociologue de l’art et des valeurs au CNRS, “l’originalité de ces actions” réside dans le fait qu’il s’agit d'”attaques symboliques”.

Suite à une nouvelle action choquante d’activistes pour le climat qui ont visé mardi un tableau de Klimt, la sociologue de l’art et des valeurs du CNRS, Nathalie Heinich, revient sur ces attentats en forme de détonation, en s’appuyant sur “la notoriété de l’acte”.

Ces attaques font-elles partie d’un “lignée historique”attaques contre l’art, après la destruction du Bouddha en Afghanistan ou les peintures des suffragettes, qui se sont battues pour l’égalité des sexes au début du XXe siècle ?

Nathalie HEINICH. – Non, car l’iconoclasme musulman contre le Bouddha de Bamiyan, l’iconoclasme protestant à la Renaissance, la destruction des représentations de rois et de saints pendant la Révolution française ou les actions des suffragettes contre la nudité féminine sexualisée étaient la destruction physique d’œuvres en raison de leur contenu idéologique. . On parle ici d’attaques symboliques, utilisant la notoriété des œuvres comme support pour la médiatisation immédiate et large d’actions de sensibilisation aux problèmes environnementaux. Ce que ces œuvres représentent – au sens de figuration – n’est donc pas pertinent ici.

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Pourquoi s’attaquer à la beauté et pas à une compagnie pétrolière ?

Ce n’est pas la valeur de beauté qui motive la sélection de ces cibles, mais la valeur de célébrité. Je ne suis pas sûr que les boîtes de soupe Campbell’s d’Andy Warhol – qui étaient ciblées à Canberra en Australie où l’œuvre était protégée par du verre comme toutes celles à ce jour – soient qualifiées d’universelles en termes de beauté. De plus, il est difficile d’attirer l’attention des photographes et des agences de presse en s’en tenant à l’entrée du siège de l’entreprise ou de l’autoroute, car ce sont des unités remplaçables, interchangeables, ce qui n’est pas un tableau de maître universellement connu. Ce choix s’explique donc simplement par l’efficacité en termes de publicité du geste. Il y a attaque, mais pas destruction. C’est ce qui rend ces actions originales. La cible n’est pas les artistes, mais leurs œuvres.

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Que penser de l’attitude des grands musées, qui semblent à la fois gênés et désarmés ?

Ils sont parfaitement dans leur rôle de se préoccuper de ces agissements et de les condamner, car leur fonction est de préserver les œuvres patrimoniales et ces agissements, s’ils tournent mal, pourraient les endommager. De plus, la colle sur les verres et les murs entraîne des frais de nettoyage, qui sont prélevés sur le budget du musée et donc de la collectivité. Il est donc légitime de condamner ces actes illégaux, même si une telle condamnation ne peut guère avoir de conséquences juridiques compte tenu de leur relative innocuité.

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