Droit à l’IVG, une France très « libérale »

A l’occasion de l’anniversaire du vote de la loi Veil sur l’avortement – votée le 29 novembre 1974, une enquête de l’Ifop pour un site d’informations et de voyages Aller à New-York permet de prendre en compte le large consensus qui s’est établi dans la société française à ce sujet, face à la société américaine qui reste marquée par un fort conservatisme moral.

« Dans les années 1970, les opinions françaises et américaines étaient encore très divergentes sur l’accès à l’IVG. Des majorités relatives de Français, 47%, et d’Américains, 50%, se disaient à l’époque opposés à une loi permettant à une femme enceinte de moins de trois mois d’interrompre une grossesse., – souligne François Kraus, directeur du Pôle Genre, Sexualité et Santé Sexuelle de l’Ifop. Cinquante ans plus tard, la même question donne des réponses différentes des deux côtés de l’Atlantique.

Les opinions françaises et américaines divergent

En France, dans un contexte marqué par l’introduction de plusieurs projets de loi visant à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution, la perception des Français a sensiblement évolué puisque 77% sont désormais favorables à l’avortement. l’autorisation d’interrompre la grossesse si la femme le demande “parce qu’il considère que les conditions matérielles ou morales d’existence ne permettent pas d’avoir un enfant”..

Au contraire, moins d’un Français sur cinq (18%) pense qu’il faut instaurer le droit à l’IVG. 13% pensent que l’avortement ne devrait être autorisé que dans certains cas. « Limité et précis – sans préciser – (contre 19% en 2014 et 25% en 1974) et 5% souhaiteraient que l’IVG soit réservée aux situations où la vie de la femme est en danger (6% en 2014 contre 24% en 1974). .

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Aux États-Unis, en revanche, l’opinion reste beaucoup plus divisée. Seulement la moitié des Américains soutiennent qu’une femme devrait avoir le droit à un avortement gratuit, tandis que 30% pensent que ce droit devrait être soumis à certaines circonstances, comme si la grossesse est le résultat d’un viol, tandis que 14% se réservent le droit de risquer Cas. la vie de mère. Et cela malgré une décision de la Cour suprême en juin supprimant le droit à l’avortement de la constitution fédérale, laissant à chaque État le soin d’autoriser ou non l’avortement.

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« Ce clivage entre la France et les États-Unis est dû à des visions très différentes exprimées sur les questions de sexualité et de féminisme, et au poids relatif de la religion dans les deux sociétés.décrypte François Kraussy.

La religion pèse aux USA, pas en France

« De manière générale, on voit que la société américaine reste très marquée par le protestantisme évangélique, ce qui explique le fort conservatisme moral en matière de mœurs. Au contraire, la révolution morale lancée en France dans les années 1960, conjuguée à la déchristianisation et à la sécularisation de la société, a fait converger fortement l’opinion publique vers le libéralisme pour tout ce qui touche à la famille, au couple et à la sexualité. “, il continue.

Un mouvement que les croyants ne fuient pas. Si 13% des pratiquants réguliers (ceux qui vont à la messe au moins une fois par mois) pensent qu’une femme “Il ne devrait pas avoir le droit.” interrompre et que 42 % d’entre eux “condamner moralement l’avortement”les pourcentages tombent respectivement à 2 % et 12 % pour ceux qui se déclarent catholiques, chiffres qui reviennent à la moyenne générale. “Un signe de perte d’influence de l’Eglise catholique, qui ne touche qu’un petit noyau de personnes, ne pèse plus vraiment dans le débat.”affirme François Kraus.

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Ce consensus d’opinion se traduit par un soutien massif et multipartite à la constitutionnalisation du droit à l’avortement. 86 % des Français, toutes tendances politiques confondues, sont favorables à cette approche, même si ce droit n’est pas menacé en France. Jeudi 24 novembre, ce projet de loi présenté par le groupe LFI a ainsi été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale par 337 voix contre 32.

Paradoxalement, aux États-Unis, où la constitution ne garantit plus que ce droit à l’avortement puisse s’exercer dans tous les États, ceux qui s’inquiètent de cette baisse sont 60 %, contre 40 % des conservateurs. “Anti-avortement” dont l’influence reste importante.

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